La propriété intellectuelle est partout, souvent là où on ne l’attend pas : dans les objets, les œuvres, les marques, les images, les sons et les histoires qui rythment notre quotidien.
Avec « Les échos de la PI », l’IEEPI propose de l’illustrer à travers des situations concrètes. Aujourd’hui, cap sur le cinéma, où la PI accompagne la création sous toutes ses formes : scénario, image, musique, décor, droits d’auteur et exploitation de l’œuvre.
Quand une rue devient décor de cinéma
Pendant dix-sept jours, la rue Saint-Gouéno, au cœur de Saint-Brieuc, se transforme en plateau de tournage pour le prochain long-métrage de Jean-Luc Gaget, Le petit boucher. Comédiens, techniciens, commerçants, passants, décors, lumières, caméras : l’actualité a quelque chose de joyeux, presque magique. Une ville devient décor. Une rue devient récit. Un territoire entre dans une œuvre.
Mais derrière cette parenthèse cinématographique se cache aussi un sujet moins visible, pourtant essentiel : la propriété intellectuelle.
Un film est d’abord une œuvre collective, au croisement de nombreuses créations protégées. Il y a le scénario, les dialogues, la mise en scène, la musique, les décors, les costumes, l’image, le montage, l’affiche, la bande-annonce. Chacun de ces éléments peut faire intervenir des droits d’auteur, des droits voisins, des autorisations, des contrats de cession ou de licence.
Le tournage dans l’espace public pose également des questions très concrètes : peut-on filmer une enseigne ? Une marque visible dans une vitrine ? Une œuvre présente dans la rue ? Un bâtiment identifiable ? Une personne qui passe dans le champ ? Là encore, la créativité ne suffit pas : elle doit être accompagnée, sécurisée, organisée.
Créer, filmer, diffuser : la PI en coulisses
C’est précisément ce que permet la propriété intellectuelle : non pas freiner la création, mais lui donner un cadre. Elle permet d’identifier qui a créé quoi, qui peut exploiter quoi, dans quelles conditions, sur quels supports, dans quels pays et pour quelle durée.
L’exemple de Saint-Brieuc le rappelle avec simplicité : la propriété intellectuelle n’est pas seulement une affaire de brevets, de laboratoires ou de grandes entreprises technologiques. Elle est aussi au cœur de la culture, du cinéma, de l’audiovisuel, des territoires et de leur rayonnement.
Lorsqu’un film est tourné dans une ville, ce n’est pas seulement une animation locale. C’est une chaîne de valeur qui se met en mouvement : création artistique, droits, contrats, exploitation, diffusion, promotion, attractivité touristique et image du territoire.
La rue Saint-Gouéno devient ainsi, le temps d’un tournage, un bel exemple de ce que la propriété intellectuelle rend possible : transformer une idée en œuvre, une œuvre en actif, et un lieu du quotidien en fragment de patrimoine culturel partagé.
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